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Traduction d’un texte de Dickens :

A Labyrinth

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Surely there never was, in any other borough, city, or hamlet in the world, such a singular sort of place as Todgers’s. And surely London – to judge from that part of it which hemmed Todgers’s round, and hustled it, and crushed it, and stuck its brick-and-mortar elbows into it, and kept the air from it, and stood perpetually between it and the light – was worthy of Todgers’s and qualified to be on terms of close relationship and alliance with hundreds and thousands of the odd family to which Todgers’s belonged.

You couldn’t walk about in Todgers’s neighbourhood as you could in any other neighbourhood. You groped your way for an hour through lanes and by-ways, and courtyards, and passages, and never once emerged upon anything that might be reasonably called a street. A kind of resigned distraction came over the stranger as he trod these devious mazes, and, giving himself up for lost, went in and out and round about, and quietly turned back again when he came to a dead wall or was stopped by an iron railing, and felt that the means of escape might possibly present themselves in their own good time, but that to anticipate them was hopeless. Instances were known of people who, being asked to dine at Todgers’s, had travelled round and round it for a weary time, with its very chimney pots in view; and finding it, at last, impossible of attainment, had gone home again with a gentle melancholy on their spirits, tranquil and uncomplaining. Nobody had ever found Todgers’s on a verbal direction, though given within a minute’s walk of it. Cautious emigrants from the North of England or Scotland had been known to reach it safely, by impressing a charity-boy, town-bred, and bringing him along with them, or by clinging tenaciously to the postman; but these were rare exceptions, and only went to prove the rule that Todgers’s was in a labyrinth, whereof the mystery was known but to a chosen few.

Ilustration : carte ancienne de la ville de Londres

Source : www.passion-estampes.com

 Un labyrinthe

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Il n’y a certainement jamais eu, dans aucun autre arrondissement, aucune autre ville, ni aucun autre hameau au monde, d’endroit aussi singulier que Todgers’s. Et certainement que Londres (à en juger d’après cette partie de la ville qui bordait les contours de Todgers’s, et tour à tour la bousculait, l’accablait, y enfonçait ses murs jusqu’à la garde, l’étouffait, et la privait continuellement de lumière) était digne de Todgers’s et à même d’entretenir des rapports d’union étroite avec les centaines de milliers de membres de l’étrange famille à laquelle Todgers’s appartenait.

Vous ne pouviez vous promener dans les alentours de Todgers’s comme vous l’auriez fait dans n’importe quel autre quartier. Vous avanciez à l’aveuglette pendant une heure, à travers une succession de ruelles, de chemins, de cours, et de passages, et jamais vous n’aviez l’occasion de déboucher sur quoique ce soit que l’on puisse raisonnablement appeler une rue. Un espèce d’affolement résigné s’emparait de l’étranger tandis qu’il battait le pavé de ces méandres tortueux, et, se croyant perdu, entrait, sortait, tournait en rond, puis revenait à nouveau tranquillement sur ses pas lorsqu’il se heurtait à un mur condamné ou lorsque sa route était coupée par une rampe d’acier, comprenant que le moyen de s’échapper viendrait sans doute en son temps et qu’il était sans espoir de chercher à prendre les devants. L’on citait des cas de personnes qui, ayant été invitées à dîner à Todgers’s, avaient effectué un périple épuisant, tournant en rond pendant un certain temps, tandis que les tuyaux de cheminée même du restaurant se trouvaient à portée de vue; puis, se résolvant à la fin, à ce que l’auberge puisse être hors d’atteinte, ils étaient rentrés chez eux, l’âme emplie d’une douce mélancolie, sereins et sans se plaindre le moins du monde. Personne n’avait jamais trouvé le chemin de Todgers’s en se fiant à des indications verbales, même si celui-ci se trouvait à moins d’une minute à pied. Des émigrants circonspects, venus du Nord de l’Angleterre ou d’Écosse, s’étaient distingués pour avoir atteint la gargote sans encombre, en ayant fait pression sur un enfant qui, vivant de mendicité, était né dans la rue, le garçon les ayant alors accompagnés, ou bien en s’étant accrochés au facteur avec ténacité. Mais c’étaient là de rares exceptions, qui ne faisaient que confirmer la règle selon laquelle Todgers’s se trouvait au sein d’un labyrinthe, dont le mystère n’était connu que d’un petit nombre d’élus.

 Illustration : le plan de Londres

Source : le blog de jarmolaine (http://jarmolaine.wordpress.com/2007/)

 

D’après Charles Dickens, The Life and Adventures of Martin Chuzzlewit