Votre écrivain public

octobre 11th, 2012

Anglais

Traduction d’un texte de Dickens :

A Labyrinth

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Surely there never was, in any other borough, city, or hamlet in the world, such a singular sort of place as Todgers’s. And surely London – to judge from that part of it which hemmed Todgers’s round, and hustled it, and crushed it, and stuck its brick-and-mortar elbows into it, and kept the air from it, and stood perpetually between it and the light – was worthy of Todgers’s and qualified to be on terms of close relationship and alliance with hundreds and thousands of the odd family to which Todgers’s belonged.

You couldn’t walk about in Todgers’s neighbourhood as you could in any other neighbourhood. You groped your way for an hour through lanes and by-ways, and courtyards, and passages, and never once emerged upon anything that might be reasonably called a street. A kind of resigned distraction came over the stranger as he trod these devious mazes, and, giving himself up for lost, went in and out and round about, and quietly turned back again when he came to a dead wall or was stopped by an iron railing, and felt that the means of escape might possibly present themselves in their own good time, but that to anticipate them was hopeless. Instances were known of people who, being asked to dine at Todgers’s, had travelled round and round it for a weary time, with its very chimney pots in view; and finding it, at last, impossible of attainment, had gone home again with a gentle melancholy on their spirits, tranquil and uncomplaining. Nobody had ever found Todgers’s on a verbal direction, though given within a minute’s walk of it. Cautious emigrants from the North of England or Scotland had been known to reach it safely, by impressing a charity-boy, town-bred, and bringing him along with them, or by clinging tenaciously to the postman; but these were rare exceptions, and only went to prove the rule that Todgers’s was in a labyrinth, whereof the mystery was known but to a chosen few.

Ilustration : carte ancienne de la ville de Londres

Source : www.passion-estampes.com

 Un labyrinthe

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Il n’y a certainement jamais eu, dans aucun autre arrondissement, aucune autre ville, ni aucun autre hameau au monde, d’endroit aussi singulier que Todgers’s. Et certainement que Londres (à en juger d’après cette partie de la ville qui bordait les contours de Todgers’s, et tour à tour la bousculait, l’accablait, y enfonçait ses murs jusqu’à la garde, l’étouffait, et la privait continuellement de lumière) était digne de Todgers’s et à même d’entretenir des rapports d’union étroite avec les centaines de milliers de membres de l’étrange famille à laquelle Todgers’s appartenait.

Vous ne pouviez vous promener dans les alentours de Todgers’s comme vous l’auriez fait dans n’importe quel autre quartier. Vous avanciez à l’aveuglette pendant une heure, à travers une succession de ruelles, de chemins, de cours, et de passages, et jamais vous n’aviez l’occasion de déboucher sur quoique ce soit que l’on puisse raisonnablement appeler une rue. Un espèce d’affolement résigné s’emparait de l’étranger tandis qu’il battait le pavé de ces méandres tortueux, et, se croyant perdu, entrait, sortait, tournait en rond, puis revenait à nouveau tranquillement sur ses pas lorsqu’il se heurtait à un mur condamné ou lorsque sa route était coupée par une rampe d’acier, comprenant que le moyen de s’échapper viendrait sans doute en son temps et qu’il était sans espoir de chercher à prendre les devants. L’on citait des cas de personnes qui, ayant été invitées à dîner à Todgers’s, avaient effectué un périple épuisant, tournant en rond pendant un certain temps, tandis que les tuyaux de cheminée même du restaurant se trouvaient à portée de vue; puis, se résolvant à la fin, à ce que l’auberge puisse être hors d’atteinte, ils étaient rentrés chez eux, l’âme emplie d’une douce mélancolie, sereins et sans se plaindre le moins du monde. Personne n’avait jamais trouvé le chemin de Todgers’s en se fiant à des indications verbales, même si celui-ci se trouvait à moins d’une minute à pied. Des émigrants circonspects, venus du Nord de l’Angleterre ou d’Écosse, s’étaient distingués pour avoir atteint la gargote sans encombre, en ayant fait pression sur un enfant qui, vivant de mendicité, était né dans la rue, le garçon les ayant alors accompagnés, ou bien en s’étant accrochés au facteur avec ténacité. Mais c’étaient là de rares exceptions, qui ne faisaient que confirmer la règle selon laquelle Todgers’s se trouvait au sein d’un labyrinthe, dont le mystère n’était connu que d’un petit nombre d’élus.

 Illustration : le plan de Londres

Source : le blog de jarmolaine (http://jarmolaine.wordpress.com/2007/)

 

D’après Charles Dickens, The Life and Adventures of Martin Chuzzlewit

octobre 11th, 2012

Allemand

Traduction d’un article du Spiegel :

Geboren am 9. November

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An Tag ihrer Geburt brannten die Synagogen, an ihrem 51. Geburtstag fiel die Mauer : Der 9. November prägte das Leben der bekanntesten ostdeutschen Karikaturistin Barbara Henniger. SPIEGEL ONLINE stellt die ungewöhnliche Künstlerin vor – und zeigt ihre besten Karikaturen aus der Wende-Zeit. (Von Christoph Gunkel).

Ein wenig hat sie ihren eigenen Geburtstag gehasst – und das ein halbes Jahrhundert lang. Barbara Henniger, die bekannteste Karikaturistin der DDR, wurde am 9. November 1938 geboren. An jenem tragischen Schicksalstag, den die Nazis zynisch « Reichskristallnacht » tauften, der in Wirklichkeit aber ein organisiertes Massenpogrom war. In der Nacht vom 9. zum 10. November 1938 zündeten Schlägertrupps von SA und SS im ganzen Land Hunderte Synagogen an und zertrümmerten jüdische Geschäfte. Allein in dieser Nacht kamen vermutlich 400 Juden gewaltsam zu Tode – es war das Vorspiel zur Vernichtung.

« Für mich war mein Geburtstag immer belastet », sagt Henniger. « Ein Tag der Schande, an dem keine Freude aufkam ». Sogar Scham habe sie empfunden, « nicht als Barbara Henniger, aber als Teil dieses Volks ». Denn auch in Dresden, ihrem Geburtsort, wütete der nationalsozialistische Mob, als sie zur Welt kam. Der Furor der NS-Rassisten machte nicht einmal vor der altehrwürdigen Synagoge des berühmten Architekten Gottfried Semper halt. Die SA brannte das Gotteshaus nieder; die Ruine wurde später gesprengt.

Ihren 50. Geburtstag feierte Henniger dann doch gross. Das war 1988. Und dann, im Jahr darauf, erlebte sie den schönsten Geburtstag ihres Lebens. Es war der Tag, an dem in Berlin die Mauer fiel – und der Fluch von ihrem Geburtstag genommen wurde. Mit einer Flasche Sekt und einem Blumenstrauss zog Barbara Henniger in die Stadt, umarmte wildfremde Menschen und jubelte ihnen zu :  » Ich habe heute Geburtstag! » Ein « völlig idiotischer Satz », sagt sie im Rückblick, doch damals war es ein Akt der Befreiung. Endlich hatte der 9. November für sie eine positive Bedeutung bekommen.

Und noch einen besonderen Satz rief sie an diesem 9. November 1989 völlig euphorisiert in das Mikrofon eines Reporters : « Ich bin stolz, DDR-Bürgerin zu sein. » Nie zuvor hatte sie so etwas gesagt. Doch in dem Moment war sie stolz, dass « wir es geschafft haben, dieser Mauer zu öffnen ». Friedlich und aus eigener Kraft. Nur Stunden zuvor hätte sie sich noch nicht träumen lassen, dass ihr je so pathetische Worte über die Lippen kommen würden. Gerade ihr, einer Intellektuellen, die über Jahrzehnte das DDR-System kritisiert und mit spitzer Feder aufs Korn genommen hatte.

 

Née un 9 novembre

Le jour de sa naissance, les synagogues furent brûlées, pour son 51è anniversaire le Mur est tombé. Le 9 novembre a marqué la vie de Barbara Henniger, l’auteur de caricatures la plus connue de toute l’Allemagne de l’Est. SPIEGEL ONLINE dresse le portrait de cette artiste exceptionnelle – et montre ses meilleurs dessins, ceux qui ont marqué leur époque. (Un article de Christophe Gunkel).

Il s’en est fallu de peu qu’elle ne déteste son propre anniversaire – et ce pendant un demi siècle. Barbara Henniger, la caricaturiste la plus connue de la DDR, est née le 9 novembre 1938. Par ce jour funeste que les Nazis baptisèrent cyniquement « la Nuit de Cristal du Reich », mais qui en réalité était un pogrom de masse organisé. Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938 des troupes de choc de SA et de SS mirent le feu à des centaines de synagogues à travers tout le pays et détruisirent les commerces juifs. Dans cette seule nuit probablement 400 juifs trouvèrent la mort dans un bain de sang – c’était le prélude à l’anéantissement.

« Pour moi, mon anniversaire était toujours compromis », se rappelle Henniger. « Un jour de déshonneur, qui ne pouvait être source d’aucune joie ». Elle en avait même ressenti de la honte, « pas en tant que Barbara Henniger, mais en tant que partie intégrante de ce peuple ». Parce que c’est aussi à Dresde, son lieu de naissance, que la populace national-socialiste s’est déchaînée, tandis qu’elle venait au monde. La fureur des racistes National-Socialistes ne s’est pas démontée devant la synagogue qui faisait l’objet du respect de tous, oeuvre du célèbre architecte Gottfried Semper. Les SA réduisirent la Maison de Dieu en cendres; la ruine fut dynamitée par la suite.

Pour son 50è anniversaire, Henniger fit pourtant une grande fête. C’était en 1988. Et puis, dans l’année qui suivit, elle eut le plus bel anniversaire de sa vie. C’était le jour où, à Berlin, le Mur tomba – et la malédiction qui pesait sur son anniversaire fut levée. Avec une bouteille de champagne et un bouquet de fleurs, Barbara Henniger s’en alla de par la ville, donner l’accolade à des gens qui lui étaient parfaitement étrangers : en poussant des cris d’allégresse, elle leur disait « C’est mon anniversaire aujourd’hui! » Une « phrase complètement idiote », reconnut-elle par la suite, pourtant c’était alors un acte de libération. Le 9 novembre avait enfin pris une valeur positive à ses yeux.

Et voici encore une phrase singulière que, ce 9 novembre 1989, elle délivra en criant au micro d’un reporter : « Je suis fière d’être citoyenne de l’Allemagne de l’Est ». Elle n’avait jamais rien dit de tel auparavant. Pourtant à ce moment là elle était fière que « nous ayions pu réussir à faire tomber ce Mur ». De façon pacifique et d’un seul élan. Quelques heures auparavant elle ne se serait même pas laissée aller à rêver que des mots aussi pathétiques puissent venir sur ses lèvres. Surtout venant d’elle, une intellectuelle, qui avait critiqué pendant des années le système de la DDR, et l’avait mis en joue de sa plume acérée.

 

Source : d’après un article du Spiegel Online.

Illustration :  caricature de  Barbara  Henniger.

octobre 11th, 2012

Mes traductions

septembre 18th, 2012

Traduction

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Documents en anglais : traduction de l’anglais vers le français.

Documents en allemand : traduction de l’allemand vers le français.

Le français n’est pas votre langue maternelle : je vous aide à le comprendre et à le formuler.

 

septembre 18th, 2012

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